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16/03/2014

La carte postale du jour ...

"La lumière a été verte, puis boyau de lièvre, puis noire avec cette particularité que, malgré ce noir, elle a des ombres d'un pourpre profond." Jean Giono, Un roi sans divertissement (1947)

François Dosse, psychic tv, giono, gracq, velvet underground, ombre, orchids

Au milieu des aboiements, des grognements de chiens, des sonneries de téléphones, de craquements, des salves au bruit sec et terrible de mitraillettes, des klaxons de voitures, il est des fragments musicaux d'une innocence feinte qui illuminent l'opacité fascinante de cet album de Psychic Tv ; sur The Orchids lorsque Genesis chante "When all the numbers swim together / And all the shadows settle / When doors forced open shut again / A flytrap and a petal / My eyes burn and claws rush in to fill them / And in the morning after the night / I fall in love with the light" c'est beau comme un Sunday Morning des Velvet Underground. J'ai d'ailleurs rarement écouté un album qui sonne aussi bien plus de trente ans après sa sortie...

Cette vision artistique, cette quête du dépassement par les bas-côtés, beaucoup d'éditeurs l'ont partagées, souvent de façon chaotique mais toujours avec cette fièvre qu'est la passion ; c'est avec un émerveillement certain que je découvre ainsi, dans le livre de François Dosse : Les hommes de l'ombre, les portraits de Christian Bourgois, Jérôme Lindon ou encore José Corti, dont je retiens cette déclaration à propos des livres de Julien Gracq, l'auteur phare de la maison d'édition Corti :

"J'ai été content de voir, ces temps-ci, que le Beau Ténébreux intéressait les jeunes. J'ai reçu à ce sujet de curieuses lettres. Ces jeunes gens avec l'impétuosité de leur âge, m'introduise dans leur vie intérieure et me posent d'embarrassantes questions. Cela me confirme un peu ce que j'avais déjà lu quelque part, que la jeune génération ne cherche plus dans la littérature une distraction, mais plutôt une solution aux problèmes qu'elle se pose. C'est assez intimidant."