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10/12/2018

Manoeuvres de Diversion, le retour... (Friction)

Après deux ans d'absence, le blog Manœuvres de diversion (en attendant la nuit) ouvre ses portes à nouveau et sera maintenant dédié à la sortie de mon livre : Frictions (La Baconnière, 12 avril 2019).

 

À suivre…

 

15:57 Publié dans Blog, Livre, Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

31/12/2017

Une autre carte ...

Si le blog est inactif, une carte inédite est toutefois disponible - et d'autres à venir - dans le journal La Couleur des Jours sous la rubrique Les sons et les mots (j'y parle d'Alain Nadaud, du groupe And Also The Trees, de Thoreau, un peu, de Pascal Rambert, de Bashung, et d'autres petites choses encore...

 

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et voici le lien vers le journal en ligne : http://www.lacouleurdesjours.ch/

16:23 Publié dans Blog, Livre, Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

21/12/2016

La dernière carte ...

"So this is permanent, love's shattered pride.
What once was innocence, turned on its side."

- Ian Curtis

mercredi 21 décembre 2017.jpg

Après près de deux cents chroniques croisées musique et littérature, Manœuvres de diversion (en attendant la nuit) se termine - un livre prendra le relai fin 2017. À noter aussi une soirée dédiée à Ian Curtis, en mai 2017 (avec expo, musique, performance... au Cabinet, à Genève).

Merci à toutes celles et ceux qui ont pris le temps de lire ce blog. Un dernier disque, un dernier livre... 

 

Isolation par Starchildren (en fait les Smashing Pumpkins).

https://www.youtube.com/watch?v=Hob3WL7QBoU

 

Extrait du (débordien) Entertainment!, de Francisco Masci (à lire en toute quiétudes aux éditions Allia) :

"Au moment même où  l'homme perdait son unité dans la diffraction multiple de ses fonctions conséquente à la différenciation fonctionnaliste de la société moderne, il la retrouvait sous forme de promesse que les événements n'ont depuis jamais de cessé de renouveler. Avec la naissance de la culture absolue, la vie sociale des hommes a, par conséquent, migré vers cette sphère de la fiction autonome où le sujet, qui n'a pas d'autres relations qu'avec soi-même, pris dans cette inépuisable réflexion de soi sur soi, voit réduite à néant la contrainte du temps vécu."

 

 

20/12/2016

La carte postale du jour...

 

mercredi 20 décembre 2017.jpg

 

Avec une pensée souriante pour Mix & Remix qui va bien me manquer et que je ne manquerais pas de relire à Berlin, Place Walter Benjamin, qui se trouve à quelques pas de notre hôtel habituel où nous étions descendu il y a quelques années encore pour passer un agréable séjour, loin du tumulte, comme dans une chanson de Little Nemo.

https://www.youtube.com/watch?v=5JIG1pwDx54

Extrait de Berliner Ensemble, l'un des plus beaux textes écrits à propos de Berlin, de Cécile Wajsbrot (publié dans la collection La Ville Brûle) :

 

"L'ange de l'histoire, écrivain Walter Benjamin dans un texte inspiré de l'Angelus Novus de Paul Klee - son ultime texte avant de se donner la mort -, "Il a le visage tourné vers le passé... Il voudrait s’attarder, réveiller les morts, rassembler ce qui fut détruit. Mais une tempête souffle du paradis (...) qui l'entraîne irrésistiblement incessamment vers ce futur auquel il tourne le dos. (...) Cette tempête, voilà ce que nous appelons le progrès".

Nous en sommes là aussi, au carrefour des temps, immobiles ou arc-boutés, incertains, à la recherche d'une direction, pris dans des vents contraires." 

14/12/2016

La Carte postale du jour ...

"La grande facilité d'écrire des lettres doit avoir introduit dans le monde - du point de vue purement théorique - un terrible désordre des âmes : c'est un commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais avec le sien propre (...)"

- Franz Kafka, Lettre à Milena

mercredi 14 décembre 2016.jpg

Je me souviens de tous ces disques que nous achetions frénétiquement, la plupart avec des noms de groupes inconnus de nous, parfois même incompréhensibles, du moins énigmatiques, ou encore absurdes, comme les leipzigois Kastrierte Philosophen, les belges flamands de Sigmund Und Sein Freund, ainsi que les mystérieux Myrna Loy.

Je me souviens bien que le groupe Myrna Loy m'a amené, par erreur, vers Arthur Cravan, dont la femme s'appelait Mina Loy (Myrna Loy étant une actrice américaine des années 30) - c'est ce qu'on dénomme comme une erreur positive.

Je me souviens aussi que, remisé dans un coin depuis près de vingt cinq ans, j'ai redécouvert I press my lips to your inner temple avec un grand plaisir, d'abord pour sa belle pochette inspirée du travail de Man Ray, mais aussi pour son contenu musical où prédomine l'influence du premier album de Dead Can Dance ainsi que des Cocteau Twins, le tout avec une charge d'érotisme et de sensualité qui en fait un album daté mais dans le bon sens du terme (il est ainsi le témoin véritable d'une époque qui se termine) et rappelle ce passage que j'aime tant du Manifeste de la femme futuriste (1912) de Valentine de Saint-Point : "la luxure est une force".

https://www.youtube.com/watch?v=aFgk1Y9Krzc

 

 Trois bonnes raisons d'acheter ce recueil de lettres d'Arthur Craven écrites à la journaliste Sophie Treadwell entre le 23 avril 1917 jusqu'à la dernière carte postale - la dernière et puis Cravan disparaitra dans l'océan pacifique pour réapparaitre dans la légende - tamponnée le 3 septembre 1918 ? D'abord parce ces trente cinq missives amoureuses montrent un homme paradoxal, tendre et cruel, et apportent aussi une nouvelle lumière sur sa relation naissante avec Mina Loy, qui deviendra sa femme et le cherchera, après sa disparition, cinq ans durant, avant d'abandonner. Il faut acheter cet "Adieu, je pars à la gare" parce que c'est un beau travail graphique des éditions Cent Pages (qui, rappelons-le, ont eu la bonne idée de rééditer des livres cultes comme Centurie de Giorgio Manganelli ou Bécon-les-Bruyères d'Emmanuel Bove), comportant des illustration photographiques, un fac-similé d'un mot écrit par Cravan à la main, une introduction de Bertrand Lacarelle, auteur du livre Arthur Cravan, précipité (et dont il faut absolument lire La Taverne des ratés de l'aventure, je le soulignerais jamais assez), d'une lettre (à part - sur carton brun) de Cravan à Félix Fénéon, etc.. Et la troisième raison pour acheter ce magnifique objet, que vous ne trouverez certainement que chez les très bons libraires - et comme le note l'éditeur au dos de l'ouvrage (!) - c'est "parce qu'il a certainement sa place dans la surproduction contemporaine". C'est dit.

Extrait de Adieu, je pars à la gare, trente cinq lettres d'Arthur Cravan à Sophie Treadwell (retranscrites par Bertrand Lacarelle et joliment publiées par les éditions Cent Pages) :

"Ma très chère Sophie,

                  Je viens de recevoir ta lettre. Qu'elle est banale.

Est-ce là l'expression écrite du mouvement de désespoir que tu semblais avoir le dernier soir alors que tu serrais ta tête entre les mais et que tu marchais tout droit. Sans doute, flirtais-tu. Je ne sais pas si cette lettre te parviendras.

Il y a parait-il deux   Kansas City. Si tu devais devancer ton programme envoies les nouvelles dates. Reviendras-tu dans deux mois, oui on non ? Je t'assure que je fais un certain effort pour être bête. Suis-je suffisamment à ton niveau ? Jusqu'à maintenant je me suis montré plat à l'excès et je me vois obligé de continuer à éviter tout ce qui pourrait ressembler à de la   passion, de l'esprit ou du style. Je te jure que c'est furieusement somnifère.

         Adieu, écris-moi enfin une lettre.

         Zut ! Je vous prie d'accepter, chère Mademoiselle, l'expression de mes salutations les plus distinguées.

                                                                                                                                        Arthur Cravan"