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28/04/2014

La carte postale du jour ...

"Je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un dessin d’ombres, qu’un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses. De même qu’une pierre phosphorescente qui, placée dans l’obscurité émet un rayonnement, perd, exposée au plein jour, toute sa fascination de joyau précieux, de même le beau perd son existence si l’on supprime les effets d’ombre."

- Junichirô Tanizaki, Éloge de l'ombre, 1933 - 2011 pour la traduction française chez Verdier)

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Je me souviens devoir la découverte de ce très beau disque du compositeur suisse Jean Rochat suite à une lecture d'un extrait du texte de Tanizaki : L'Éloge de l'ombre par la comédienne Dominique Reymond, auquelle il était demandé, cinq jours durant, de lire un écrit qu'elle aimait puis de choisir une musique pour l'illustrer, ce qu'elle fit, proposant ainsi cinq textes différents, mais clôturant l'exercice non pas avec des musiques disparates, mais en utilisant des fragments issus toujours du seul et même disque, pour mon plus grand plaisir. Je me souviens avoir fait des pieds et des mains pour trouver puis obtenir ce disque, ce qui me pris plus d'un an, et c'est ce que l'on peut nommer de la persévérance. Je me souviens aussi d'avoir été agréablement surpris par la musique dès son premier titre, intitulé J'aime les mots, sa douceur et son éclat soudain, tragique et superbe, et d'y retrouver dans la liste des nombreux musiciens ayant travaillé avec Jean Rochat le quatuor Barbouze de chez Fior ainsi que le trio vocal Norn, et de mettre désolé qu'un tel chef-d'oeuvre soit inconnu et si difficile à obtenir, puis de mettre raviser, profitant ainsi d'être l'un des privilégiés à pouvoir en profiter, loin du bruit irritant de la foule.

La lecture aussi est un acte solitaire, pour s'échapper du bruit du monde, un acte trop rare aujourd'hui comme l'explique si bien George Steiner dans ce beau petit livre - Le Silence des livres - dont je recommande particulièrement la postface de Michel Crépu intitulée Ce vice encore inpuni, dont j'extrais à mon tour ce joli petit texte :

"Cela me chiffonne toujours un peu, avec les grands livres, qu'on en vienne tout de suite aux grands mots. L'Amour des livres, la Haine des livres, la fureur de lire... Ma foi, quand je pense aux livres, je ne vois pas un bûcher, je vois un jeune garçon assis au fond du jardin, un livre sur les genoux. Il est là, il n'est pas là ; on l'appelle, c'est la famille, l'oncle qui vient d'arriver, la tante qui va s'en aller : "viens dire au revoir! ; "Viens dire bonjours!"Y aller ou pas . Le livre ou la famille ? Les mots ou la tribu ? Le choix du vice (impuni) ou bien celui de la vertu (récompensée) . Quand Larbaud emploie cette expression de "vice impuni", c'est l'adjectif qui m'intrigue. Impuni, vraiment ? Il y aurait donc une sorte d'impunité de la lecture ? h bien oui. Un privilège de clandestinité qui permettrait en somme de poursuivre les opérations en toute tranquillité.  L'oncle est là, la famille est rassemblée autour de la table, on parle de la situation, et le jeune garçon qui était au fond du jardin fait semblant d'écouter. Mais il a son silence, ses affaires personnelles, la course invisible de Michel Strogoff à travers la steppe, tout cela dans le brouhaha des carafes, des serviettes, des voix, des rires. Il a obéi à l'injonction, simple question d'espace, mais il continue de trahir en pensant à autre chose. On ne lit pas à table . Aucune importance, le livre continue à se lire en lui ; un peu de patience, et il y aura bientôt la chambre, le silence de la lumière derrière les persiennes. C'est tout l'admirable début de La Recherche, le paradis de Combray et des "beaux après-midi" de lecture à l'ombre du marronnier, le refuge dans la guérite où opère la métamorphose, un autre temps naissant à l'intérieur du temps, un autre monde surgissant des limbes. Les heures sonnent au clocher de Méséglise, mais le narrateur ne les entend plus - "quelque chose qui avait eu lieu n'avait pas eu lieu pour moi ; l'intérêt de la lecture, magique, comme un profond sommeil, avait donné le change à mes oreilles hallucinées et effacé la cloche d'or sur la surface azurée du silence".

 

 

 

18/04/2014

La carte postale du jour ...

"J'aimerais donc parler non pas exactement de notre relation aux œuvres d'art mais plutôt des traces de ces œuvres qui habitent notre vie mentale et qui affectent notre vision, notre perception et notre intelligibilité du monde. Je disais qu'il est de la nature des expériences esthétiques de transcender les objets qui en sont les déclencheurs. De fait, l'art perdrait une grande partie de son intérêt si l'activité qu'il suscite demeurait sans aucune applicabilité à la vie." - Laurent Jenny, La vie esthétique (2013)

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Je me souviens de l'entrée du magasin de vêtements Anaconda, à Lausanne, qui utilisait une photo des filles de Strawberry Switchblade comme logo et qui fut autant une énigme qu'une révélation pour moi, post-adolescent alors à peine âgé de dix-huit ou dix-neuf ans. Je me souviens d'avoir découvert Since Yesterday par la belle reprise qu'en avait fait Current 93 en 1988 sur l'album Swastikas for Noddy que j'ai du acheter au début des années 90, pour ensuite tomber dans une échoppe de vinyles de seconde main sur le 45tours original des deux écossaises Jill Bryson et Rose McDowall, pratiquant cette sympathique bubblegum-pop aux accents new-wave sous le nom mutin des Strawberry Switchblade. Je me souviens aussi de ce joli portrait photo' que j'ai réalisé de Rose McDowall et son mari d'alors, Robert Lee, après leur concert au Château de Grandson en 1999 (utilisée plus tard dans le livre sur la musique Néofolk : Looking for Europe) et d'avoir oublié de me faire dédicacer le disque par la chanteuse ce jour là, ce qui me rend toujours nostalgique lorsque je l'entends chanter : "And as we sit here alone / Looking for a reason to go on / It's so clear that all we have now / Are our thoughts of yesterday".

Les pensées d'hier je les retrouve à chaque relecture de ces Découvertes (trois fois à ce jour) d'Éric Laurrent. Riche de références (peinture, cinéma, musique, littérature), c'est presque un roman de formation, celle d'un enfant, puis d'un adolescent et d'un pré-adulte, au désir, mais aussi à la vie esthétique, aux expériences de l'art et des épiphanies qui en résultent, à la découverte du sexe aussi. J'aime son travail sur la phrase longue, alambiquée, l'emploi de temps rares, parfois, et de traiter de sujets qui sembleraient communs avec une intelligence remarquable, une tendresse précieuse, complexifiant le récit tout en gardant une belle fluidité. Et j'aime Les Découvertes probablement par que je m'y retrouve occasionnelement, comme dans cet extrait :

"Nous étions devenus très vite assez proches, jusqu'à nous entraider lors des devoirs sut table. Nous déjeunions parfois d'une salade, d'un croque-monsieur ou d'un sandwich jambon-beurre dans l'un des cafés voisins du lycée, où cette insatiable lectrice m'entretenait intarissablement de romans dont, pour la plupart, j'entendais parler pour la première fois, mais que son enthousiasme contribuait, semaine après semaine, à me faire découvrir, tels Le Grand Meaulnes d'Alain-Fournier, Amok de Stefan Zweig, L'Écume des jours de Boris Vian, La nuit des temps de René Barjavel, L'Attrape-coeur de Jerome David Salinger ou bien encore le Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras, pour ne citer ici que ses livres de chevet, terme que je n'entendais jamais dans sa bouche sans un certain trouble, car s'y attachaient naturellement l'image de son lit et, par association, celle de son occupante, que je ne pouvais alors m'empêcher d'imaginer étendue sur le ventre, le menton dans le creux des mains, un roman ouvert devant elle, sa chemise de nuit retroussée sur ses jambes nues, si bien que ces ouvrages me semblaient, lorsqu'elle me les tendait au dessus de la table du café ou que je les lisais quand elle me les prêtait, plus que de simples volumes de papier imprimé refermant des histoires et des personnages, mais des fragments de son intimité, détachés du monde mystérieux de sa chambre, porteurs de tout l'inconnu inaccessible de sa vie la plus secrète, de son sommeil, de ses rêves, de ses plaisirs qui sait, voire de sa nudité, dont ils étaient les témoins quotidiens et muets et ne laissaient passer jusqu'à moi, dans un subtil bouquets d'odeurs de colle, de papier, d'encre et de parfum pour jeune fille, que la délicieuse mais douloureuse émanation.
Quand le temps le permettait, nous allions ensuite nous allonger sur une pelouse du jardin Lecoq, où, les yeux fermés, coiffé chacun d'un casque relié au même baladeur, nous écoutions de la musique, généralement celle, dite planante, des groupes Pink Floyd, Genesis, Yes, King Crimson ou Tangerine Dream, ou celle, plus froide et plus lugubre, des Cure, des Cocteau Twins, de Siouxsie & The Banshees ou de Joy Division."

13/04/2014

La carte postale du jour ...

"On prépare les jeunes pour un monde qui n'existera plus lorsque ceux-ci seront adultes." - Madame de Stael*

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Je me souviens de cette bande-annonce de l'émission de télé Les Enfants du Rock introduisant Minimal Compact en insistant sur les mots Minimal et Compact pour décrire la musique new-wave hybride de ce groupe originaire de Tel Aviv et résidant alors en Hollande, côtoyant d'autres iconoclastes comme Colin Newman (Wire) ou les américains de Tuxedomoon. Je me souviens entendre l'une de leur chanson dans le film Les ailes du désir, alors que celle-ci n'est pas listée dans la bande originale du film. Je me souviens aussi qu'il fut un temps où la singularité de Minimal Compact accompagnait mes déplacements en bus à l'aller et au retour de mon apprentissage, muni de mon baladeur à cassette, écoutant Samy Birnbach chanter "Facing a mountain and the valley below / Hours of climbing to get down so low / First loves and memories are fading like snow  Where did I come from? / And where do I go? / Oh It takes a lifetime".

Hybride aussi ce livre de Patrice Robin, qui se compose de références aux ateliers d'écriture, à des textes de Charles Juliet, Artaud, Perec, Baudelaire et tant d'autres. Récit plus que roman, d'une écriture dont la sobriété sert le fond à merveille, rappelant parfois un peu le film de Laurent Cantet "Entre les murs", adapté du roman de François Bégaudeau, mais plus axé sur l'écriture comme possibilité de se trouver une place au milieu du monde. L'échec n'y est pas oublié, et rappelle le rôle que peut encore aujourd'hui jouer l'écriture, et la littérature. C'est un petit livre, magnifique et essentiel car, comme le disait déjà Marguerite Duras il y a vingt ans, "plus personne ne lit, mais tout le monde veut écrire", et écrire cela s'apprend, comme à vivre d'ailleurs, avec du temps :

"Constatant peu avant les vacances de Noël qu'il n'a pas obtenu en quatre mois un texte digne d'intérêt à partir de son programme habituel, à base d'exercices à contraintes et jeux d'écriture, Pierre se met en quête de propositions plus adaptées à son public. Il lit Tous les mots sont adulte de François Bon, méthode élaborée par l'écrivain à partir d'ateliers menés, entre autres, en collèges de banlieue, lycées professionnels et centres d'insertion, trouve judicieux qu'on y commence par l'écriture d'inventaires, d'un abord plus facile, avant de passer à des textes en prose plus construits. Il apprécie aussi que le travail sur la mémoire y évolue de manière progressive, des souvenirs récents jusqu'aux plus anciens, se dit que cela lui évitera la violence des Je me souviens, exercice qu'il continuera d'utiliser, mais pas avec les nouveaux, pas si tôt. Il aime surtout que la méthode soit bâtie à partir de  textes d'écrivains, Perec, Baudelaire, Artaud, Apollinaire, Kafka, Borges, Khalil Gibran, Charles Juliet..., se procure les livres de ceux qu'il n'a pas lus."

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* Cité de mémoire, impossible de retrouver cette citation dans mes livres, ni sur le net d'ailleurs, je suis pourtant certain qu'il s'agit bien d'une déclaration de Mme De Stael ;  si quelqu'un connait l'original merci de m'écrire!

08/04/2014

La carte postale du jour ...

"Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d'esclave aux murènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes" - Apollinaire, La Chanson du Mal-Aimé (1913)

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Écouter Sol Invictus en 1992 tenait presque de la gageure alors que la musique électronique et le grunge s'imposait partout ; on avait là des textes sur les runes chantés d'une voix monocorde sur une musique acoustique triste et répétitive, mauvaise couche du post-punk le plus radical, celui de Joy Division, Throbbing Gristle, Shock Headed Peters (Ideal, l'un des titres le plus beau de tout les temps!) et Death In June. Mais voilà, pareillement à Dead Can Dance et sa musique néo-classique teintée de world-music à la même époque, Sol Invictus, qui se décrivait lui-même comme un "groupe de cabaret venu de l’enfer pour la fin du siècle", suivi son bonhomme de chemin, sans se soucier des modes, avec raison puisqu'il trouva une audience fidèle à ses orchestrations soignées, son subtil quoique sobre jeux de guitare, le beau violoncelle en fond, les touches de piano presque jazzy, la rythmique discrète, tout cela, et plus encore, portant cet album vers les sommets du folk bizzare, sommets partagés cette même année avec Current 93 et deux ans plus tard avec Nature & Organisation.Et Tony Wakeford de marteler sur King & Queen : "They stood, by the sea, King & Queen, sent a breeze, Tears they weep, tears they shed, For the living, for the dead".

Avec Jean Echenoz il est surtout question de Reine. Et de caprice. Son style faussement léger est porté par une méticulosité au niveau des descriptions, du détail, c'est l'art qui imite la nature, ou le contraire, une prose dont la mécanique précieuse, digne de l'horlogerie suisse, donne à ses sept récits, ou plutôt sept tableaux, ou cartes, ou ponts, ou livres, que sais-je encore, une formidable densité. La lecture de ce Caprice de la Reine est captivante, étonnante, instructive aussi. J'aurais pu choisir presque n'importe quel passage du livre tant il est bon du début à la fin, mais j'ai sélectionné celui-ci puisqu'il a fortement marqué le commencement de cette prodigieuse lecture :

"Et à nos pieds, déroulé sur la terrasse, gît un tuyau d'arrosage orange, comme un serpent laissé pour mort et le long duquel un peuple de fourmis circule abondamment en deux sens, chacune tenant la plupart du temps sa droite comme sur une route classique. Le trafic de ces fourmis est fort dense, qui doit relier leurs dortoirs proches du chantier de construction à leurs divers ateliers, silos de grain, champignonnières, laboratoires de ponte ou étables à pucerons. S'arrêtant brièvement en se croisant, les ouvrières procèdent alors à un rapide contact frontal, histoire d'échanger un baiser subreptice ou se rappeler le mot de passe du jour, à moins que ce ne soit pour ricaner en douce du dernier caprice de la reine."

06/04/2014

La carte postale du jour ...

"L'histoire est un cauchemar dont je cherche à m'éveiller." - James Joyce, Ulysse (1922)

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Enregistré dans trois lieux différents dont le fameux Donau Festival de Krems, en Autriche, ce beau disque aux touches mélancoliques est composé de trois longues plages sonores hypnotiques, sans titres, augmentant en intensité sur la dernière partie où le violoncelle de Julia Kent, le Farsifa de Jóhann Jóhannsson et la harpe de Baby Dee viennent s'échouer dans le fracas de la batterie presque militaire et celui de la guitare électrique. Cette musique suscite en moi le calme relatif de l'adriatique avant l'arrive de la bora, ce vent violent qui dévale les reliefs proche de la ville de Trieste - tant aimée de Joyce, Svevo, Pahor, Magris et Roberto Bazlen.

Le triestin Roberto Bazlen fut un écrivain sans œuvre qui fascina, entre autres, Enrique Vila-Matas*, fut aussi le sujet du premier livre de Daniele Del Giudice, livre d'ailleurs adapté à l'écran par Matthieu Amalric. Roberto Bazlen fut l'ami des écrivains : Umberto Saba et Italo Calvino. Il décrit avec beaucoup de générosité sa ville d'alors, celle de James Joyce et Italo Svevo, ville de contraste, de culture, de littérature. de langues différentes, centre d'une mitteleuropa maintenant presque disparue. J'aime lire ce dernier paragraphe dans ce petit livre sobrement intitulé Trieste et paru il y a quatorze ans chez Allia :

"Donc même si Trieste n'a pas donné de grands créateurs, elle a été une excellente caisse de résonance, une ville d'une "sysmographicité" peu commune : pour le comprendre il faut avoir vu les bibliothèques qui finirent à l'étalage des librairies du ghetto au début de la première après-guerre, quand l'Autriche s'était effondrée et que les allemands partaient ou vendaient les livres de ceux qui étaient morts pendant la guerre. Une grande culture non-officielle, des livres vraiment importants et tout à fait inconnus, recherchés et acquis avec amour par des gens qui lisaient ce livre parce qu'ils avaient vraiment besoin de ce livre. Autant de volumes qui passaient entre mes mains, où je découvrais des choses que je n'avais jamais entendu nommer, mais le plus important, dont je n'avais pas encore compris l’intérêt, m'a échappé. Aujourd'hui encore, quand j'entends parler de livres définitivement introuvables, qui ont pris de la valeur pendant ces vingt ou trente dernières années, et que je ne retrouverai plus jamais, je me souviens de les avoir eu entre les mains, dans les librairie du ghetto, il y a trente ans, poussiéreux, prêts à être dispersés à une ou deux lires pièces. Je parle des bibliothèques des Allemands, des officiers de marine autrichiens, etc., si la situation avait été inversée, et que c'était les italiens qui étaient partis, les étalages se seraient écroulés sous le poids de Carducci, Pascoli, D'Annunzio et Sem Benelli, entourés de Zambini et autres oiseaux de malheur."

* Lire Bartleby & Compagnie, d'Enrique Vila-Matas (Titres 2001)